
Le
journal, la revue, le livre possèdent trois temporalités
différentes d’inscription. Alors que la temporalité du quotidien
est commandée par un impératif de vitesse maximale et
d’immédiateté, le livre vise une temporalité plus durable.
La revue, elle, possède une temporalité intermédiaire.
Elle tolère une pensée en mouvement, voire en revirements,
vivante, parfois imparfaite en ses formulations. Elle effectue la jonction
entre l’histoire quotidienne des idées et l’historicité plus
stable des livres. Naturellement, certaines revues revendiquent parfois le
statut d’¾uvres d’art, impliquant une
esthétique et un luxe qui les inscrit dans la temporalité de
l’objet d’art. Mais la pensée impatiente des groupes d’avant-garde des
années trente s’inscrit plus volontiers dans des revues modestes.
L’oeuvre poétique de Fondane, comme ses essais philosophiques, se
distribue très largement en revues avant d’être
éditée. Plus adéquate que le livre au mouvement
perpétuel, à l’insatisfaction, au doute créateur de la
pensée fondanienne, lieu d’amitié, de contradictions, de
propagations, mais aussi d’identité ou d’affiliations, la revue
apparaît comme un lieu dynamique d’existence et de création de la
pensée existentielle.
Dans
les années trente la revue est le support idéal des groupes littéraires plus ou moins permanents qui apparaissent
et disparaissent, leur offrant un lieu commun, sinon une identité
littéraire. Discontinuité d’Adamov et de Claude Sernet, Raison
d’être de Jean Audard, Le Grand jeu de Daumal, Chantiers
de Joë Bousquet et de René Nelli, Les Cahiers de l’Etoile
d’Irma de Manziarly et de Carlo Suarès, 14, rue du Dragon,
agrègent des sensibilités, parfois autour d’un manifeste, d’une théorie
littéraire ou philosophique, ou d’une simple sensibilité
poétique. Naturellement, l’unité des professions de foi ou des
manifestes résiste rarement à l’épreuve des individualismes
et des tensions nées de la rencontre de fortes
personnalités. Fondane n’imposera jamais son ¾uvre poétique aux Cahiers
du Sud, malgré une longue participation de 1932 à 1944.
L’éventail de ses collaborations en revue semble situer un écrivain dans une famille
littéraire, une orientation politique, bien qu’il arrive
fréquemment qu’une revue accueille un
“ invité” occasionnel. Si Fondane publie dans
Lorsqu’on relit les petites revues
éphémères des années trente dans lesquelles Fondane
écrit, telles que Chantiers de Nelli et Bousquet, ou encore Raison
d’être de Jean Audard, on ne peut être insensible au risque et
à l’impromptu inhérents à ces publications enthousiastes.
Toute étude sur la fonction des
revues dans l’¾uvre de Fondane devrait
distinguer entre le rôle des revues fortement instituées et plus
ou moins impersonnelles, et les petites revues d’avant-garde, souvent
financées par les auteurs ou leur fondateur. Réagissant souvent
au contexte social, littéraire et politique du moment, elles sont
souvent vouées à vieillir avec lui. Tel 14, Rue du Dragon qui
mêle actualité, essais chroniques et poèmes. Les chroniques,
les revues de presse, sont des coupes instantanées dans l’édition
du moment. La revue, en jouant volontiers sur les découvertes, les
balbutiements, les premiers écrits de jeunes écrivains inconnus,
se charge d’un coëfficient de risque et de passion souvent absent de la
machinerie éditoriale des grandes revues telles que
Les revues grâce auxquelles
Fondane élabore peu à peu son Ïuvre appartiennent à l’espace
polémique de la littérature des années trente. En
1933, Rimbaud le voyou se discute à
Or, Fondane pense et écrit en
se situant contre des adversaires philosophiques. La polémique
intellectuelle est inhérente à sa personnalité. Elle ne
sera jamais assez forte, assez engagée, à son goût. Tout au
long des années trente, son effort éditorial visera à
créer des polémiques, moteurs du succès, des ventes, de la
propagation publicitaire d’une Ïuvre certes, mais aussi moteur intime d’animation de
sa pensée. Dans son autobiographie écrite à dix-huit ans,
il s’imaginait déjà “guerrier dans l’arène des lettres” [2]. Comme Chestov, et en une
moindre mesure, comme les
surréalistes, Fondane écrit toujours une ¾uvre en s’opposant à des
adversaires, par une série de stratégies réfutatoires qui
aident à définir ses positions : “Dès
qu’il s’agit d’idées, on ne comprend pas qu’il ne s’agit plus de
sérénité, d’harmonie, d’apaisement, mais de lutte ”
[3], écrit-il lorsque ses
adversaires se dérobent.
Rimbaud le voyou contre Renéville, Breton
ou Claudel ; le Faux Traité d’esthétique contre
Caillois, Breton, Platon, Hegel, Valéry;
Déjà chez Chestov qui ne dérogeait pas à la
grande tradition platonicienne, le discours philosophique est pratiqué
comme une confrontation polémique,. Entre
lutte, persuasion et conviction les frontières tendent à
s’effacer. Fondane présuppose toujours que le discours s’enracine dans
un substrat individuel de nature inconsciente impliquant des besoins métaphysiques. Sa critique
de la rationalité et des processus introspectifs de la connaissance
réfléchie est la conséquence logique de cette philosophie
de l’existant. Par conséquent, la pensée chez Fondane
apparaît toujours comme une confrontation de forces
reflétée par une confrontation d’idées dans le champ de l’intertextualité [5]. Des figures argumentatives
insolites apparaissent : appels
à l’existence du locuteur ou interrogation de l’adversaire sur son
besoin personnel de vérité ! Fondane hérite de la
tradition implicative ou existentielle de la polémique. D’où les
malentendus avec Jean Wahl, par exemple, dans une controverse
véhémente des Cahiers du Sud. D’où aussi
l’avertissement des rédacteurs de
Cette structure polémique
revêt la forme des chroniques publiées aux Cahiers du Sud
de 1932 à 1944. La philosophie vivante, du nom des chroniques
philosophiques de Fondane, est une parole agonistique pour laquelle la
démonstration logique s’inscrit dans un jeu de forces d’idées.
Loin de pouvoir s’isoler en un système autonome de
démonstrations, la chronique de Fondane prend son sens à chaque
fois dans un contexte critique et parfois politique, comme par exemple son article
: “L’Homme devant l’Histoire” (1939) qui
réagit à une polémique sur le fascisme. Il serait
superficiel de ne voir dans cette structure polémique de l’Ïuvre de Fondane qu’une
parenté sociologique avec les usages littéraire du temps; c’est
à la fois dans la nature réfutatoire, et donc négative, de
la démarche chestovienne, et dans la valorisation de l’existant concret
comme ensemble de forces vitales qu’il faut rapporter ce caractère
polémique de l’¾uvre. C’est dans une perspective anti-hégélienne que la
logique de la philosophie existentielle devient celle d’un affrontement sans
conciliation. La raison “aboutit
pourtant à ce qui la caractérise suprêmement, comme
fonction humaine, au nivellement, au compromis. C’est à ce moment que le
danger est urgent…” souligne Fondane en 1929 [6].
Les trois espace sémiotiques des
revues, de la ville, et des correspondances se complètent entre eux de
façon dynamique. Ils offrent à Fondane la possibilité de
tester une théorie, un style poétique, une position
philosophique. C’est seulement après nombre de rectifications et
d’ajustements que le livre se forme avec son identité stable. Ainsi
certains chapitres de Rimbaud le voyou sont-ils publiés dans 14,
Rue du Dragon et dans d’autres revues ; des extraits du Faux
Traité d’esthétique dans Schweizer Annalen d’Albert
Béguin[7], des extraits du Baudelaire
et l’expérience du gouffre dans les Cahiers du Sud, et la
quasi-totalité des chapitres de
Cette fonction préparatoire, ou
propédeutique, de la revue est encore davantage présente pour les
¾uvres poétiques
qui s’égrènent dans les petites revues pour être
corrigées d’année en année jusqu’à la fin. Ulysse,
à cet égard, est une Ïuvre en métamorphose, qui de variante en variante, accompagne
l’existence de son auteur jusqu’à la fin, comme l’a montré
Monique Jutrin dans son ouvrage : Benjamin Fondane et le périple
d’Ulysse.[8] En revanche, les
notices critiques des revues constituent le vrai laboratoire de la
réception de l’oeuvre. L’achèvement, de même que la
réussite, ne sont donc pas des concepts fondaniens. L’écriture
fondanienne évolue dans l’inachevé, dans le mouvement
perpétuel de la relecture et du repensé. On sait que Fondane
envisageait une nouvelle édition modifiée de Rimbaud le voyou.
Fait révélateur : dans une lettre inédite à
Boris de Schloezer, Fondane note qu’il a écrit sur son poème Ulysse
: “édition sans fin” [9].
L’espace propédeutique des
revues est aussi un espace publicitaire[10]. Pour prendre l’exemple
de Rimbaud le voyou, Joë Bousquet écrit sa chronique dans Le
Cahier bleu en 1933, et Jean Cassou dans les Nouvelles
littéraires. Fondane lui répond dans Schweizer Annalen
d’Albert Béguin. Cette même année, Pierre Guegen
présente Ulysse aux lecteurs de 14, Rue du Dragon avec des
remarques sur le manque de musicalité de l’oeuvre. L’effort de Fondane
pour diffuser son ¾uvre ne cessera pas. Mais les revues subversives ou
d’avant-garde méprisent souvent les techniques publicitaires de la
presse bourgeoise. Il est hors de question d’encenser un auteur à des fins commerciales. Par exemple le numéro 4 de juin
1933 de 14, Rue du Dragon se fait un plaisir de railler la critique dite
bourgeoise sous le titre : « une presse de miel ». Bref, les
revues auxquelles Fondane participent pratiquent en général la
plus franche, la plus directe des polémiques.
Fondane envie parfois le parfum de scandale de l’oeuvre célinienne.
C’est de la bataille, et non des fleurs jetées entre collègues
des lettres, que l’on espère le rayonnement et la notoriété.
Pourtant, dans cet espace public de la
revue, en adoptant le chestovisme, Fondane se condamnait par là
même à une grande solitude. L’herméneutique existentielle
qu’il développe, étant liée au scepticisme métaphysique
de Chestov qui, plongeant dans le religieux, convainc parfois mal ses
contemporains. Si Fondane l’emporte, c’est souvent par son éloquence
véhémente, c’est-à-dire par des vertus de style. Lorsque
les revues sont liées à un rationalisme, à des valeurs
humanistes, à un idéalisme quelconque, qu’il soit
enchâssé dans une idéologie politique, communiste ou non,
leurs espaces d’expression lui deviennent vite indésirables. Les Cahiers
du Sud, Fontaine,
La position de Cassou, l’ancien
directeur de la revue Europe est révélatrice à cet
égard dans ses deux préfaces à Baudelaire et
l’expérience du gouffre.
Cette solitude philosophique explique
aussi que la réception ne réponde pas toujours aux voeux de
Fondane. Lorsque le Rimbaud paraît, le silence des
surréalistes le déçoit profondément. De même,
Gide, Claudel, Breton, Heidegger, Husserl, Valéry, Camus sont
restés muets devant ses attaques. Lorsque M.-P. Fouchet publie son numéro spécial sur l’expérience
spirituelle, Fondane s’étonne de ne pas être cité comme
partie prenante du débat. De fait, le moteur argumentatif des grands
textes théoriques de Fondane est difficilement déchiffrable,
parce que la visée sceptique de la théologie négative de
Chestov en détermine l’intelligibilité. Les conditions du
débat philosophique exigent un background commun servant de
plate-forme aux désaccords. Or pour un lecteur attentif, la lutte contre
les évidences menaçait le socle épistémologique commun
nécessaire à tout réel dialogue.
La
grande liberté éditoriale de la revue des années trente
s’achève sous la botte allemande au début des années
quarante. Malgré ces difficultés, Fondane continue à tisser dans les
années quarante un réseau de
publications en revues, étendant ses publications à
l’étranger, vers l’Argentine, les Etats-Unis, le Royaume-Uni,
La politique des revues en France est définitivement
marquée par l’apparition des revues littéraires de la
résistance au début des années quarante. La
polémique interne des idées fait place à une
polémique idéologique, éthique, patriotique. Le front
éditorial de résistance aux fascismes prend la voix des revues
poétiques, séparant en deux camps les revues de la collaboration
et celles de la résistance. Fondane écrira dans Fontaine
de Max-Pol Fouchet, dans Poésie de Pierre Seghers, dans Messages
de Jean Lescure, revues directement associées à un effort de
résistance spirituelle, poétique, voire à une
“poésie de guerre” entraînant ses “poètes
casqués”, et ouvrant comme Fontaine, des chroniques
intitulées : “Lueurs de tirs” .
Pourtant, au sein même de ces revues de la résistance, l’autonomie poétique et philosophique
de Fondane restera très grande. Son oeuvre poétique, en
réagissant à l’histoire, conserve la cohérence interne
d’une forte personnalité poétique, comme Exil de Saint
John Perse réagit à l’exil historique aux Etats-Unis, sans se
subordonner à une idéologie ou à une narration historique.
Lorsque le poème se charge d’un poids historique, il est encore le
support d’une symbolique métaphysique ou religieuse : l’on songe
à l’ “Intermède” de L’Exode écrit au moment de
la défaite de 1940. La grande résistance de la philosophie
existentielle à l’impérialisme de l’Histoire de la philosophie
hégélienne se manifeste encore ici. Les essais “politiques”
de Fondane comme “L’Homme devant l’histoire” (Cahiers du Sud,
1939) ou “Le Discours non prononcé de l’écrivain devant la
révolution” (1935), ou la réponse donnée à Fontaine
sur l’engagement du poète dans une poésie de guerre (1940),
expriment tous l’idée d’une autonomie existentielle du poète face
à l’Histoire. C’est en relation avec cette exigence de liberté
que Fondane n’entrera jamais dans la polémique idéologique et
politique qui accapare nombre de revues de cette époque. La raison tient
à la nature même de la pensée existentielle, centrée
autour d’un noyau métaphysique et d’une critique de la
rationalité antérieure à la constitution des
idéologies.
Si
Fondane lit la presse communiste, Commune par exemple, et s’il
réagit au problème de l’engagement politique de la
littérature en 1935, à la suite de Guéhenno, Gide, Romain
Rolland, Aragon ou Barbusse, c’est, comme le verrons un peu plus loin, pour
réclamer l’autonomie existentielle du poète.
Là encore,
l’espace historique de la revue ne doit pas devenir un espace
d’aliénation. Tandis que des écrivains politiquement
indépendants comme Benda ou Suarès se lancent dans des imprécations
vociférantes contre le fascisme, et que la presse communiste se charge
de toutes les tensions politiques du pacte germano-soviétique, puis de
l’implication de nombreux écrivains communistes dans la presse de la résistance, Fondane
restera en retrait. Après 1940, lorsque la censure militaire de l’Etat
français, puis celle de Vichy se mettent en
place avec les lourdes interdictions pesant sur les écrivains juifs,
l’espace des revues régulières se ferme peu à peu pour
Fondane. C’est sous le pseudonyme ironique d’Isaac Laquedem, véritable
pied de nez aux lois antisémites de l’édition, que Fondane publie
un poème avec l’aide d’Eluard aux éditions de Minuit dans L’Honneur des poètes.
Poésie vivante et
“ philosophie vivante”, pour reprendre le titre des chroniques de Fondane
aux Cahiers du Sud, convenaient par excellence au vagabondage des
revues, à leurs légèretés, à leur
réticence à être possédées comme une
richesse matérielle. Ouvert à la discussion, au dialogue comme
aux conflits, cet espace s’insère dans le jeu des pouvoirs
éditoriaux de leur temps, mais le dépasse largement puisque, avec
le temps, une valeur, une incidence intrinsèque des textes, sont peu
à peu reconnues ; la réédition de Chantiers ou
d’autres revues d’avant-garde des années trente, comme Bifur,
illustrent cette justice rétrospective. La qualité de nombreux
textes de Fondane parus dans les Cahiers du Sud, et rassemblés
dans le volume : Le Lundi existentiel aux éditions du Rocher
(1990) le montre largement. La revue, et particulièrement la petite
revue littéraire, espace de liberté, espace agonistique de lutte
de la pensée, a donc joué un rôle de création et de
réception moteur pour le développement de l’oeuvre de Fondane.
[1] Pour une recension complète, voir dans ce même
cahier l’article d’Eric Freedman : “La
collaboration de Benjamin Fondane aux revues françaises”.
[2] Cité par Léon
Volovici dans “Métamorphoses de l’identité”, Europe n°827, mars 1998.
[3] Fondane, “Autour de Rimbaud
le voyou” ,
Le Voyageur n’a pas fini de voyager, Paris-Méditerranée,
1996. p. 107.
[4] Voir en particulier l’édition par Monique Jutrin de Benjamin
Fondane et les Cahiers du Sud, Correspondance, Editions de
[5] Voir la conférence de
Fondane à
[6] “ Présentation de
films purs” , Ecrits sur le cinéma,
Plasma, 1984, p. 66.
[7] Sur la revue des Schweizer Annalen, voir notre étude : “L’amitié et le fantôme des
poètes”, in L’Amitié, Hommage à Albert Béguin,
1901-1957. Genève, 2001, Librairie Droz.
[8] Nizet, 1989.
[9] Fonds Boris de Schloezer, Bibliothèque de Monaco.
[10] Voir dans ce même numéro l’article d’Eric Freedman :
« La collaboration de Benjamin Fondane aux revues françaises » qui souligne l’importance des tactiques de
marketing éditorial chez Fondane.
[11] Lettre 143 de Fondane à Ballard, in Benjamin Fondane et les
Cahiers du Sud. Correspondance, Editions de
[12] Selon l’expression de Gabriel Audisio d’après la correspondance
à M.-P. Fouchet. Voir dans ce même numéro :
« Benjamin Fondane et la politique de la revue Fontaine ».
[13] Voir O.Salazar-Ferrer, “L’oeuvre de Fondane dans la critique
anglo-saxonne et américaine”, Cahiers Benjamin
Fondane, 3/Automne 1999, p. 53.
[14] “Baudelaire
and the experience of the abyss”, (trad. Lionel Abel), Partisan Review, vol. 10, n° 5, septembre-octobre
1943, p. 410. Ce texte rassemble de larges extraits des chapitres VIII et IX de
l’édition Seghers de Baudelaire et l’expérience du gouffre.
[15] Jean Lescure, Poésie et liberté. Histoire de Messages,
1939-1946, 1998, Ed. de l’IMEC, p. 95.
[16] Sur la politique éditoriale des Cahiers du Sud, voir Agone n°10, “Autour des Cahiers du Sud” ,
1992 et J. M. Guiraud, La vie intellectuelle et artistique à
Marseille à l’époque de Vichy et de l’occupation, CRDP,
Marseille, 1987.