
ÉDITORIAL
Au mois d’août 2010, lors de
notre dixième Rencontre de Peyresq, le cap avait été mis
sur l’oeuvre, à la fois philosophique et poétique, des
années de guerre : nous visions en particulier Le Lundi
existentiel et Au Temps du
Poème. Aussi n’est-il point
surprenant que nos pas aient convergé vers l’Histoire et ses
hussards sabre au clair.
Anne Mounic
choisit le point de vue de la voix singulière face à
l’Histoire, mêlant la voix de Fondane à celles d’autres penseurs
et poètes de son époque. Grâce à la présence
d’Anne Mounic et de Guy Braun, des liens chaleureux se sont noués avec
l’Association des Amis de l’Oeuvre de Claude Vigée.
Margaret Teboul a
relevé le défi de relire côte à côte B.
Fondane et W. Benjamin ; si elle a pu
déceler une affinité entre des penseurs à priori
dissemblables, c’est en les abordant tous deux dans leur rapport à
l’Histoire. En approfondissant la notion du Dimanche de l’Histoire et du
Sérieux,
Dominique Guedj nous propose
une lecture éclairante d’Au seuil de l’Inde, à partir de
laquelle il sera possible de poursuivre des réflexions sur ce texte
encore peu étudié. Scrutant la belle correspondance
échangée entre le couple Fondane et le couple Maritain, Maria
Villela-Petit met en évidence à quel point le philosophe thomiste
fut ébranlé par la pensée
existentielle de son ami.
L’oeuvre roumaine est aussi
l’objet d’études inédites. On lira avec intérêt la
présentation par Carmen Oszi des manuscrits de jeunesse récemment
acquis par la Bibliothèque Doucet. Hélène Lenz poursuit
son travail de traduction des articles en langue roumaine, ce qui permet au
lecteur français d’apprécier la perspicacité et la
précocité du jeune
critique. Nous sommes heureux d’accueillir un texte de Roxana Sorescu, dont la
recherche érudite éclaire d’un jour nouveau la relation entre B.
Fundoianu et Jacob Groper. Speranţa Milancovici a traduit un entretien
particulièrement révélateur accordé par Fondane
à Sarina Cassvan en 1930.
L’analyse subtile de
Gisèle Vanhese a décelé la trace de Mallarmé dans
un poème de jeunesse de Fundoianu. Et Annafrancesca Naccarato, qui fait
partie de l’équipe de recherche dirigée par Gisèle Vanhese
à l’Université de la Calabre, nous offre une belle étude
des métaphores d’Ulysse.
Comme de coutume, Eric de
Lussy assume la tâche de réunir le dossier de presse des
publications de Fondane.
Mesdames Denise Galperin et
Ety Levy, qui soutinrent la Société dès sa
création, viennent de nous quitter : nous inscrivons leurs noms en
mémoire. Nous avons appris la disparition de Madame Denise Aguadich,
née Paulin, décédée en octobre 2010. Nous
rappellerons son souvenir à propos du porte-plume qui lui fut
légué par Geneviève Fondane. Nous remercions Madame
Arlette Lubliner pour cette photographie, et Madame Hélène Klein
qui nous a transmis la page de garde de l’exemplaire de La Conscience
malheureuse ayant appartenu à son père.
Toute notre gratitude au
Centre National du Livre pour son soutien renouvelé.