ÉDITORIAL

 

 

Au mois d’août 2010, lors de notre dixième Rencontre de Peyresq, le cap avait été mis sur l’oeuvre, à la fois philosophique et poétique, des années de guerre : nous visions en particulier Le Lundi existentiel  et Au Temps du Poème. Aussi n’est-il point  surprenant que nos pas aient convergé vers l’Histoire et ses hussards sabre au clair.

          Anne Mounic choisit le point de vue de la voix singulière face à l’Histoire, mêlant la voix de Fondane à celles d’autres penseurs et poètes de son époque. Grâce à la présence d’Anne Mounic et de Guy Braun, des liens chaleureux se sont noués avec l’Association des Amis de l’Oeuvre de Claude Vigée.

          Margaret Teboul a relevé le défi de relire côte à côte B. Fondane et  W. Benjamin ; si elle a pu déceler une affinité entre des penseurs à priori dissemblables, c’est en les abordant tous deux dans leur rapport à l’Histoire. En approfondissant la notion du Dimanche de l’Histoire et du Sérieux, Till R. Kuhnle nous entraîne à travers Hegel, Kierkegaard, Kafka, pour montrer comment Fondane les dépasse en confrontant l’homme à  l’Histoire. Quant à Alice Gonzi, elle aborde la notion de l’absurde chez Fondane, Kafka et Camus. Dans leur lecture d’Au Temps du Poème, Monique Jutrin et Evelyne Namenwirth achoppent elles aussi aux hussards. Car, dans sa poésie, loin d’éluder son époque, Fondane la transcende.

          Dominique Guedj nous propose une lecture éclairante d’Au seuil de l’Inde, à partir de laquelle il sera possible de poursuivre des réflexions sur ce texte encore peu étudié. Scrutant la belle correspondance échangée entre le couple Fondane et le couple Maritain, Maria Villela-Petit met en évidence à quel point le philosophe thomiste fut ébranlé par la pensée  existentielle de son ami.

          L’oeuvre roumaine est aussi l’objet d’études inédites. On lira avec intérêt la présentation par Carmen Oszi des manuscrits de jeunesse récemment acquis par la Bibliothèque Doucet. Hélène Lenz poursuit son travail de traduction des articles en langue roumaine, ce qui permet au lecteur français d’apprécier la perspicacité et la précocité  du jeune critique. Nous sommes heureux d’accueillir un texte de Roxana Sorescu, dont la recherche érudite éclaire d’un jour nouveau la relation entre B. Fundoianu et Jacob Groper. Speranţa Milancovici a traduit un entretien particulièrement révélateur accordé par Fondane à Sarina Cassvan en 1930.

          L’analyse subtile de Gisèle Vanhese a décelé la trace de Mallarmé dans un poème de jeunesse de Fundoianu. Et Annafrancesca Naccarato, qui fait partie de l’équipe de recherche dirigée par Gisèle Vanhese à l’Université de la Calabre, nous offre une belle étude des métaphores d’Ulysse.

          Comme de coutume, Eric de Lussy assume la tâche de réunir le dossier de presse des publications de Fondane.

          Mesdames Denise Galperin et Ety Levy, qui soutinrent la Société dès sa création, viennent de nous quitter : nous inscrivons leurs noms en mémoire. Nous avons appris la disparition de Madame Denise Aguadich, née Paulin, décédée en octobre 2010. Nous rappellerons son souvenir à propos du porte-plume qui lui fut légué par Geneviève Fondane. Nous remercions Madame Arlette Lubliner pour cette photographie, et Madame Hélène Klein qui nous a transmis la page de garde de l’exemplaire de La Conscience malheureuse ayant appartenu à son père.

          Toute notre gratitude au Centre National du Livre pour son soutien renouvelé.