
Carmen Oszi
UNE FARCE
BURLESQUE
Présentation du manuscrit
Le manuscrit de cette
pièce a été retrouvé à
La pièce n’est pas
datée ; elle n’est mentionnée ni dans la correspondance ni dans
les écrits de Fondane. Selon les allusions historiques concernant la
situation internationale et les annexions des nouveaux territoires à
Il s’agit d’une pièce en deux actes. Le premier acte,
intitulé L’Hôpital Israélite de Jassy, compte 18
pages ; le deuxième acte, intitulé
Les évènements présentés se déroulent
à Jassy, dans trois lieux de rencontres significatifs pour la vie
communautaire des Juifs de la ville natale de Fondane : l’Hôpital juif,
Faute d’intrigue dans le genre de la comédie ‘classique’, toute une
série de personnages se succèdent sur la scène, constituant
une sorte de puzzle ou de fresque de la vie au sein de la
communauté ; ils font part de leur point de vue sur les
thèmes centraux qui préoccupaient les Juifs roumains à la
fin de la première guerre mondiale : leur statut socio-politique, la
démographie défaillante, l’éveil de l’esprit national et
le débat sioniste autour de l’immigration en Palestine.
La pièce est
écrite dans l’atmosphère d’effervescence qui régnait vers
la fin de la première guerre mondiale dans les communautés juives
de Roumanie (agrandie par l’annexion des nouveaux territoires) autour de la
perspective de l’obtention des droits de citoyenneté pour les Juifs, des
débats sur les thèmes culturels et socio-politiques de
l’époque et du renouveau du discours sioniste, suite à la
déclaration Balfour qui conférait aux Juifs le droit à une
entité nationale sur le territoire historique de Eretz Israël.
A cette époque, Benjamin Fondane s’exprime en tant que publiciste,
essayiste et critique littéraire dans les périodiques juifs de
l’époque – et ceci parallèlement à son existence de
poète cherchant sa propre voix au carrefour de plusieurs langues et
cultures.
Et pourtant, Fondane ne prend pas de position nette dans les débats
concernant la vie communautaire ou le sionisme. Ses articles gardent presque
toujours le ton d’un intellectuel raffiné, avec un détachement
critique par rapport aux passions idéologiques et politiques. Les
articles de Fondane sur les thèmes sionistes reflètent les
tensions à l’intérieur du mouvement oscillant entre utopie et pragmatisme
– songeons aux articles « Utopie et territoire », « Si j’avais
vécu en Roumanie » et « L’Utopie organisée »[1],
tous publiés dans Mântuirea au cours de l’année
1919. Le sionisme est perçu par Fondane non comme une rupture avec le
judaïsme traditionnel, mais comme sa nouvelle émergence. Il se
méfie de ce qu’on pourrait appeler l’« efficacité » du
modèle socialiste pour un futur état juif, puisqu’il
considère le marxisme comme l’« interventionnisme d’état
absolu ». Pour Fondane,
Farce burlesque – satire – parodie
La pièce de Fondane se présente comme
une farce burlesque. Rappelons que le burlesque, genre à la mode au
milieu du XVIIe siècle, dont le comique outré, reposant sur
l’extravagance des situations
et le mélange des tons, devient au XIXe siècle une
forme esthétique qui se poursuit dans la modernité[3].
Fondane fait usage de la satire, de la parodie, de la caricature dans un
mélange chaotique de tons, de genres (prose, poésie, chanson) et
de langues (roumain, français, latin, allemand, yiddish, hébreu)[4].
Aux antipodes de la comédie ‘classique’ (ayant comme base la
poétique aristotélienne), ainsi que de la comédie inscrite
dans la tradition de la modernité (réalisme, naturalisme,
symbolisme), cette pièce se caractérise par ce que Baudelaire
appelait le comique absolu (anti-éducatif et anti-
anti-aristotélicien), pour ne pas dire carnavalesque. On peut
déceler dans la pièce de Fondane des échos qui pourraient
rappeler la tonalité absurde d’Alfred Jarry dans Ubu Roi et le
drame sur-réaliste de Guillaume Apollinaire Les Mamelles de
Tirésias, ainsi que des réminiscences d’auteurs roumains
comme I.L. Caragiale[5]
et Urmuz[6].
Comme eux, Fondane pousse le burlesque vers l’absurde et l’invraisemblable.
La présence d’un langage fruste et d’une gestuelle agressive, le
traitement satirique et parodique des institutions de la communauté
juive de Jassy rapproche Fondane de certains mouvements d’avant-garde ; en
quelque sorte, on peut considérer ces jeux scéniques comme des
tentatives dadaïstes. Fondane nous présente à la fois une
fresque comique des personnages et des préoccupations de la
communauté juive de Jassy, dont il faisait partie. En utilisant les
procédés du burlesque – la parodie, la caricature, le
cliché, Fondane entame un processus qui déstabilise les lieux
communs, les formes institutionnalisées du sionisme et de la
société de l’époque qui succède à la
première guerre mondiale. Cet écart par rapport à la
réalité sociale de son époque est doublé d’un refus
de l’utopie (car n’oublions pas qu’en 1918-1919, le sionisme était
encore ancré dans son caractère utopique). Le message qui
traverse le texte est plutôt une critique sociale et culturelle qu’une
prise de position esthétique.
Si l’on considère la structure dramatique non-conventionnelle de la
pièce, construite à partir de séquences, on observe que
chaque séquence est quasi indépendante, tout en maintenant des
relations étroites, mais non linéaires, avec les autres
séquences.
Les personnages, bien que certains aient connu une existence réelle,
ne sont pas conçus selon les conventions du théâtre
réaliste ; ils n’ont aucune profondeur psychologique. Il s’agit de
pantins. Parfois on peut découvrir des ressemblances inattendues avec
ceux de Brecht dans l’Opéra de quat’sous. De même, on
comprend d’après les indications scéniques de Fondane, que la
scénographie de la pièce ne sera pas fidèle à la
convention du quatrième mur, mais que la scène sera
baignée dans une atmosphère carnavalesque, dans une
atmosphère de cabaret. Cette structure dramatique où se
mélangent prose, poésie et chansons, permet la création
d’une aliénation esthétique qui empêchera le public de
s’identifier aux personnages ; son esprit critique sera plus
éveillé. On peut dire que Fondane adopte ici une attitude
avant-gardiste vis-à-vis du théâtre dans laquelle les
moyens esthétiques sont utilisés afin de faire passer un message
politique ou social.
Outre le désir d’intéresser et d’amuser, il met en relief une
question vitale pour lui et pour son public de connivence : le débat sur
la question sioniste qui s’était engagé dans la communauté
juive de Jassy. On se demande si Fondane avait l’intention de mettre en
scène cette pièce. Pensait-il la présenter devant le
public de Toynbee Hall ? Voulait-il choquer les bourgeois, par son approche
sarcastique ?
En présentant la vie juive de sa ville natale, Fondane semble
préférer un ton moins sombre que celui auquel on pourrait
s’attendre (si on considère les articles publiés par Fondane dans
la presse juive roumaine pendant ces années-là). Les traumatismes
de la première guerre mondiale, la démographie défaillante
du peuple juif, l’immigration en Palestine comme éventuelle solution de
la ‘question juive’ sont autant de sujets graves abordés par
Fondane sur scène.
On sent dans cette pièce que Fondane se trouve déjà
dans une situation liminale (in-betweenness) – ancré dans la vie
juive de Jassy et la culture roumaine, mais en même temps
aliéné par son provincialisme. Entre son identité de juif
roumain et de juif cosmopolite, qu’il choisira quelques années plus
tard, entre son attirance pour la tradition juive et l’image du juif nouveau
proposé par le mouvement sioniste. Il est probable qu’au moment de
l’écriture de cette pièce, peu avant son départ pour
Bucarest, Fondane se soit trouvé dans une situation existentielle
d’attente sans issue.
Présentation de la pièce
Personnages
Comme l’auteur ne
présente pas les personnages de cette farce, nous en ferons une
présentation colorée.
Dr. Burstein, médecin,
maître des lieux ; introduit et présente les personnages tout
au long de la pièce en faisant des commentaires pseudo-philosophiques.
Dr. Blumenfeld, médecin et ami
de Burstein, son interlocuteur.
Dr. Peckerman, dentiste fameux, ayant
un penchant sadique.
Ochs /Boureanu, président
actif.
Barbulius, Solomonovici,
Strudelpeter, membres de la communauté.
Madame Gheltzer, philanthrope, venant de
mettre au monde un fils, fière de sa contribution à la croissance
démographique du peuple juif.
Haïmovici, le mohel chargé
des circoncisions, aimant la bonne chère.
Madame Zily Kinderman, entremetteuse et
organisatrice de fêtes.
Le Palestinien, qui apparaît au
long de la pièce chantant des lieds de lamentations ou des odes
enthousiastes sur la vie en Palestine.
Dr. Teologici, conférencier,
parle un franco-roumain qui abonde en clichés.
M. Manweiss, conférencier,
auteur d’une recherche sur l’évolution de l’esprit national (le
potage national) chez les différents peuples.
M. Weissman, apparemment l’alter
ego de Manweiss, conférencier plein d’ardeur pour la cause sioniste.
Samson Lazar, conférencier
qui présente un portrait de Herzl (l’homme et le mythe), auteur de
sonnets italiens.
Dr. Rodion Steuerman, seul personnage
réel ; médecin, polémiste, poète, auteur,
directeur et journaliste, connu du public pour sa conférence « La
parabole de l’astucieux Ulysse » ; le seul personnage pratiquant
l’auto-ironie.
Pella, homme à femmes
qui aime les bacchanales.
L.B., monsieur tout-le-monde
qui veut comprendre ce qui se passe et cherche l’emplacement des toilettes.
Les malades : souffrants,
ignorés, incompris ; représentants du ‘peuple’.
L’assistance/ L’audience, à tour de
rôle, enthousiaste et contestataire.
Personnages historiques
évoqués
Ghica (apparemment un
descendant de la famille de Ion Ghica (1817-1897) appartenant à la
noblesse roumaine, écrivain et dirigeant politique, ami de Nicolae
Bălcescu, C. A. Rosetti et Vasile Alecsandri.
Cuza, Alexandru Ioan
Cuza,
le premier Prince des
Principautés Unies de Valachie
et Moldavie 1859 -1866.
Marie, reine de
Roumanie, princesse Marie d’Édimbourg puis princesse Marie de
Saxe-Cobourg-Gotha, devenue patriote roumaine, exerçant une grande
influence ; belle et passionnée.
Maïmonide (Rabbi
Moshé ben Maimon, Rambam) ; Theodore Herzl ; Ahad Haam (Asher
Grinberg) ; Shalom Aleichem (Sholem Naumovich Rabinovich), Dante
Alighieri, Raphael Sanzio, Michelangelo Buonarroti ; Immanuel Kant ;
Johann Wolfgang von Goethe.
Extraits[7]
L’Absurdité de la guerre ; la dérision de la presse
Dr. Blumenfeld (en soupirant):
Un
télégramme de Copenhague annonce qu’un voyageur est arrivé
à New York ; il aurait affirmé que l’agence italienne de Madrid
aurait appris par des sources particulières de Jaffa que les Allemands
auraient perdu un million de soldats pendant le siège inutile des
Russes. Le même voyageur affirmait cependant qu’il aurait entendu des
coups de fusil, ce qui semble inexplicable vu les maigres succès. La nouvelle
que nous transmettons est d’une extrême précision. Nous la
transmettons sous toute réserve.
L’impuissance de la médecine à soulager les souffrances
humaines
Ochs, d’un geste ample:
Pax vobis !
Eh, les pauvres nous
attendent
Pour qu’on leur fasse
justice
Soyons donc doux et
charitables
Tranchons-les,
déchiquetons-les !
La démographie défaillante du peuple juif
Burstein :
Honorable assistance, un
philosophe allemand disait : Maternitatus est grausam sarcinam.[8]
Le même philosophe – relatif à cette même question
disait : pour devenir grosse il faut être légère, ou
faire de la philanthropie !
A Madame Gheltzer qui
est philanthrope …
En plus, nous
présentons nos hommages à Monsieur Haimovici[9].
Car nous avons du mal depuis des siècles à faire naître un
peuple juif – tandis que cet honorable monsieur, de sa main adroite, il le
crée tout d’un coup.
Satire sociale de la vie communautaire
des Juifs à Jassy
Ochs / Boureanu:
Je suis le fameux cannibale moderne,
Au festin éternellement présent
Et si je tombe malade, ne vous en faites pas,
Car, de toute façon, vous pouvez m’appeler.
Pella :
Ma foi, j’aurais commencé à remplir mon
devoir
Car je possède en moi l’esprit national
S’il n’y avait pas pour me retenir ici
Les succès obtenus au bal.
Au diable, donc victoires et prouesses,
Je préfère rester ici aux bacchanales.
Satire de la vie
culturelle
Dr. Burstein :
Je donne la parole
à Monsieur Teologici, qui va vous parler de « La linguistique dans
l’éloquence rhétorique ».
Monsieur Teologici :
Comme le disait M.
Anatole France: un littéraire français dans Le Livre de mon
ami, un orateur doit posséder, en plus d’un cœur grand, une
éloquence florissante comme un arbre feuillu. Donc, afin qu’un orateur
ait du succès, il ne doit pas mettre de barrage aux élans
poétiques, car les poèmes, comme le disait Maïmonide,
ouvrent une large perspective dans les allées dégarnies de
feuilles de notre vie.
Satire politique –
L’esprit national ou « le potage national »
Monsieur Manweiss :
Mesdames et Messieurs,
si le navire de mes rêves va jeter son ancre dans le port des aliments
français, nous irons observer d’abord que les ingrédients du
potage de ce noble peuple (Protestations) contiennent des haricots
Robespierre, du poivre Voltaire et des asperges aux Racines classiques.
Voilà Mesdames –
le potage national – et si nous pénétrons plus loin, à
l’intérieur des frontières teutonnes, nous allons observer que le
potage indigène présente une variété propre de Spargel
[asperges] patriotique, de Speck [lard] civique et une goutte d’eau de
Cologne – le potage national !
Dr. Burstein :
On dit que la nationalité est la base essentielle du fondement de
toute organisation. C’est pourquoi, si nous approfondissons la question, nous
verrons donc que l’histoire elle-même – car il y a aussi d’autres
histoires – donc comme je venais de le dire, l’histoire elle-même doit
nous éclairer comme un bout de chandelle, la nuit, dans le cabinet
d’aisance.
Les personnalités marquantes du mouvement sioniste :
Theodore Herzl, Rodion Steuerman
Dr. Burstein :
Un visiteur, un
invité distingué et un fils viril de notre ville de Jassy, le
profond essayiste Samson Lazar, va nous parler de Herzl, en alternant avec des
sonnets italiens. Pourtant, messieurs, que pourrait nous dire ce
jeune Samson ? Nous n’allons pas anticiper. Herzl a été un
grand homme, le chef du sionisme, créateur d’idéal … Herzl est
resté avant tout, toute sa vie un Jidan, un youpin.
Samson Lazar :
Messieurs, une
découverte chez un antiquaire nous apprend que le mammifère est
le type représentatif du monde. Il y a beaucoup de mammifères,
messieurs. (Applaudissements soutenus). Pourtant, parmi eux se
détache un visage grandiose et serein. Comme si je le voyais devant
moi ! Sur son visage pâle comme cire un regard brûlant, une
barbe de la longueur d’un balai, et une intelligence acerbe, mobile comme une
éponge, incrustée dans le cerveau, comme un étendard dans
un champ de bataille.
[***]
Dr. Burstein :
Je donne maintenant la
parole au polémiste Rodion, connu du public par la conférence
qu’il a donnée ici : « La parabole de l’astucieux
Ulysse ».
Dr. Rodion
Steuerman :
Je suis le docteur
Rodion
Armé
comme un bastion,
Je tiens des
polémiques et des bistouris,
Et des
ampoules d’injures
Je tiens des
polémiques, des aiguilles
Je provoque au
duel n’importe qui.
Je suis
poète et auteur
Je fabrique
des rimes à moteur
Et quand je
vais chez un patient
Sur le moment
je le rends dément.
……………..
Je suis directeur, journaliste,
Décoré et moraliste
Je suis en plus orateur –
Oh les pauvres auditeurs !
Le débat sioniste – idéal et réalité
Le Palestinien :
Chez nous il y a des forêts vertes d’oliviers
Et il y a des champs de soie
Chez nous il y a tant de disette
Et tant de tristesse à la maison ![10]
[***]
Tous :
En Palestine ! En
Palestine !
Quelqu’un :
On va être
affamé, nous ne pouvons pas aller là-bas : Donc – à
table ! A table !
(Tous mangent. On
s’assoit à table).
Haïmovici :
Honorables
convives ! Il ne faut pas contourner la vérité. Il faut
traiter cette question avec beaucoup de délicatesse – Car dans le
contact de la philosophie avec l’esprit pratique les blessures pourraient
être profondes et saignantes.
Le mythe de
Weissman :
Mon cher ami, comme le
poète l’aurait dit, ici nous sommes dans un coin de paradis. Car le
sionisme est le soleil de la nature et la nature du soleil. Il est la tarte
traditionnelle, la gimblette et la huppe[11],
vers lesquelles les moineaux de notre pensée rêvent le maïs
de la paix. Il est la devise sacramentelle, le juron biblique et paternel, la
puce sentimentale, la punaise domestique, le raton civique.
Le sionisme ?
Qu’est-ce que le sionisme ? Vite – parle !
La parole ! Quelle
est la parole ?
[***]
Dr. Burstein :
Messieurs, maintenant un
Palestinien chantera pour nous.
Le Palestinien :
Regarde à l’horizon le merveilleux jardin
Avec ses bracelets de myrtes sur les collines
C’est la sublime Palestine
La terre de saints idéals.
Les emblavures blondes dansent
Dans les parcs, les orangers rient.
Et sur les collines sacrées
Dorment, en frémissant, des dattiers.
Oh, venez donc tous, ici
Tant que votre vigueur n’est pas morte
Quand le paradis vous est si propice
Pourquoi restez-vous confus à ses portes ?
Gazouillent les babillardes sources
Dans l’air voltigent de frais parfums
Et dans toute son ampleur, un cortège de vierges
Serpente, ondulant, sur les routes.
Chantent les brunes Sulamites,
Le soir efface l’horizon
Et dans leurs pupilles ombragées
Se reflète, dans toute sa gloire, Sion !
Peuplez donc ce jardin
Que personne ne reste à l’ écart
Que dans
L’auréole des temps des Maccabées.
Première page du manuscrit de Yale,
où figure le pseudonyme Funfurpan.
Photos
inédites transmises par Olivier Salazar-Ferrer et publiées avec
l’aimable autorisation de Michel Carassou. L’on présume qu’il
s’agit de photos de « Insula ».
[1] Voir à ce sujet Léon Volovici
« Collaboration de Fondane à la presse juive roumaine » dans Rencontres
autour de Benjamin Fondane poète et philosophe, Parole et
Silence, 2002. Actes du colloque de Royaumont, avril 1999. Edité par
Monique Jutrin, p. 185-193.
[2] Benjamin Fondane, « Vision de
[3] Lexique des termes
littéraires, sous la direction de Michel Jarrety, « Le Livre de
Poche », Librairie générale française, 2001.
[4] Quelques exemples :français-roumain :
« Nous pourrions aussi présenter le chant guturaï »
[trad. : rhume ; jeu de mots sur ‘chant guttural’]
latin :
« Un philosophe allemand disait : Maternitatus est
grausam sarcinam. » [trad. :
La maternité est un si cruel fardeau]
yiddish :
« 4ème malade:
Donnez-moi du Kant.
5ème malade:
Gitz mir ritzmeil » [trad. : versez-moi de la farine de riz]
hébreu :
« En ce temps-là j’avais des illusions et du Hatikvah » [trad. :
espoir]
hébreu-allemand-yiddish :
Recha als Gott dich einst …
Kranke, als Gott euch einst Spitalspatienten machte......
Tous les malades:
Oy, vey, vay, ah, oh!
[Dans le manuscrit le texte est en allemand ; trad. : le mal
comme jadis Dieu t’a .../Malades, quand Dieu jadis vous transformait en
patients de l’hôpital].
[5] I. L. Caragiale (1852-1912), dramaturge et
auteur de prose.
[6] Urmuz, pseudonyme de
Demetru Dem. Demetrescu-Buzău (1883-1923) écrivain d’avant-garde,
auteur de prose absurde.
[7] Extraits
traduits par Carmen Oszi.
[8] N.T. : Mélange des langues,
latin et allemand, dont la traduction serait : La maternité est
un fardeau si cruel.
[9] N. T. : Monsieur Haimovici est
circonciseur.
[10] Parodie du
poème « La noi » d’Octavian Goga, poète roumain,
nationaliste et antisémite, ministre de l’intérieur
(1926 -1927) et premier ministre (1937-1938).
[11] Allusion
à l’expression roumaine colac peste pupăză [trad. :
des choses surprenantes, extraordinaires survenant au moment le moins propice].